Le film
Au soir de la présidence d’Emmanuel Macron, CEUX QUI TIENNENT LA LAISSE dresse le bilan de la « Start-up Nation ». En retraçant les conditions dans lesquelles l’ascension de quelques milliardaires du numérique a été possible, le film enquête sur les liens entre argent, politique et médias, et dévoile les rouages d’un capitalisme qui prospère grâce aux crises qu’il contribue à produire.
Depuis 2018, Gilles Balbastre, réalisateur, et François Denord, sociologue, travaillent à un projet de documentaire pour le cinéma consacré à la collusion entre pouvoirs économiques, politiques et administratifs : Ceux qui tiennent la laisse.
Et voilà enfin le film financé, tourné, monté et prêt à sortir en salles !
Le capitalisme se tient souvent sur une ligne de crête, entre respect de la loi et accommodements avec la légalité. Les règles ne sont-elles pas faites pour que les puissants en usent et en abusent ? C’est dans la plus grande transparence démocratique que Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Patrick Drahi ou Xavier Niel amassent des fortunes considérables.
N’attendez donc pas de révélations sulfureuses. Nous ne cherchons rien d’autre qu’à dissiper l’écran de fumée qui fait passer l’ordre des choses pour acceptable. Mais n’ayez crainte : vous ne vous ennuierez pas !
Des saynètes fictionnelles ponctuent la narration. La comédienne Corinne Masiero interprète une sociologue chargée d’un cours sur le capitalisme. Ses trois étudiants se confrontent notamment à une célèbre maxime de Max Weber, l’un des pères fondateurs de la sociologie, selon laquelle : « L’avidité d’un gain sans limites n’implique en rien le capitalisme, bien moins encore son “esprit”. »
Et rassurez-vous, ce ne sera pas fumeux !
Le film mêle fiction, séquences documentaires, entretiens, archives et animations. Le tout porté par une musique originale composée par le jazzman Laurent Dehors.
Au-delà du portrait des puissants d’aujourd’hui – et de leur encadrement plaqué or –, le film donne à voir la violence des coûts sociaux et humains que quelques-uns imposent à tous. À mesure que les services publics sont pillés et que les fortunes explosent, les dégâts sociaux minent ce qui reste de notre modèle social.
Ceux qui tiennent la laisse n’est pas une invitation à pleurnicher, mais une contribution à la critique radicale de l’air du temps.
